Passage express à Saint Barthélémy et Saint Martin

Après deux mois passés en Guadeloupe, vient le temps de remonter vers Saint Martin, d’où je dois rejoindre le bateau qui me fera traverser l’Atlantique. Il me faut à nouveau rechercher un voilier pour relier les deux îles. L’une de mes co-équipières doit effectuer le même trajet, aussi nous mettons nos recherches en commun. En dernière minute, nous montons sur le voilier d’un couple qu’elle connaît, ayant traversé avec eux des Canaries au Cap Vert. A quatre, nous naviguons en moins de 24h jusque Saint Barthélémy.

Malgré leur proximité, chaque île des Antilles a sa propre personnalité. A Saint Barthélémy, je pénètre dans un monde diamétralement opposé à la Guadeloupe que je viens de quitter. Ici, des villas cossues se juchent sur les flancs des collines, les magasins de luxe ont remplacé les camions à bokit et les vendeur·euses de rue, les plages paradisiaques avalent toute forêt tropicale. Le soleil tape continuellement sur des corps majoritairement blancs revêtant bermudas et polos, sacs de marques et robes en soie. Chacun·e vaque à ses occupations dans ces rues où effervescence n’est pas le maître mot. La chaleur des interactions à laquelle je me suis habituée semble déserter cette petite île des Antilles. Je la retrouve tout de même dans une échoppe qui dénote par son aspect populaire où la qualité des sandwichs n’a rien à envier à la bonne ambiance alentour. 


Nous passons deux journées à explorer l’île par ses routes goudronnées, à regarder de tous petits avions se poser sur une minuscule piste cachée dans le creux d’une colline, à admirer les jolis points de vue donnant sur une mer d’une couleur indécente et des constructions qui le sont tout autant. Des tortues viennent régulièrement visiter les bateaux au mouillage, sortent la tête de l’eau ici et là. Sous l’eau, l’une d’elles croise le chemin d’une raie et de quelques calamars qui nagent à reculons. Nous faisons une escale à l’Ile fourchue, sauvage et inhabitée, que nous escaladons, révélant derrière nous Saint Barthélémy, devant nous Saint Martin.

A Saint Martin nous rejoignons la troisième équipière, notre skipper et son bateau. Mes deux co-équipières se connaissent déjà : elles ont voyagé ensemble en Amérique latine, tout en tournant un documentaire sur plusieurs mois. A Saint Martin, certain·es font donc connaissance tandis que d’autres se retrouvent. Dans une bonne ambiance générale nous préparons notre départ. De l’île, nous avons vu peu de choses : ses gros avions atterrissant à quelques pas d’une plage touristique, le mouillage de Marigot très fréquenté donnant sur un bar qui se transforme en karaoké animé, une excellente boulangerie hors de prix, un Super U visité, revisité, rerevisité. Il n’y a pas le temps de tenter d’apprivoiser cette île mystérieuse, délimitée par une frontière en son milieu qui sépare la partie française de celle néerlandaise, américanisée. Enfin, la dernière équipière nous rejoint ; nous voilà prêt·es pour le grand départ.

Finalement, je n’ai que peu de choses à dire de Saint Martin et de Saint Barthélémy, que j’ai rapidement survolées et dont je n’aurai su briser les clichés.

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