Escale aux Açores, entre randonnées, bars et lacs

Nous arrivons un matin par l’île de Flores – l’île la plus à l’ouest de l’archipel des Açores – réputée pour ses belles randonnées. Après tant de jours sans bouger nous comptons bien nous dégourdir le corps au milieu de ces paysages verdoyants. En raison de travaux sur le port, d’une tempête imminente et d’un employé absent nous ne sommes finalement autorisés à n’y mouiller qu’une seule nuit. Notre unique après-midi de randonnée entre des monts encerclés de charmants murets en pierre, des falaises à pic sur la mer, de petits coins à pique-nique ombragés et pourtant désertés nous aura laissé un goût de trop peu dans les jambes.


Le lendemain matin, nous reprenons donc déjà la mer, tentant de devancer la tempête. Mais la houle est malicieuse : une vague nous prend par surprise et s’invite dans le bateau, s’infiltre même sous le moteur. Il nous faudra plusieurs heures pour écoper et assécher.

Une journée plus tard, nous voici à Faial. Nos yeux se réveillent sur cette île qui fait face à celle de Pico avec son volcan majestueux. Faial est l’île sur laquelle la plupart arrivent de transat. Elle n’a rien de particulier si ce n’est son bar mythique à Horta et ses centaines de peintures revêtant le port, des murs jusqu’au sol. Chacun y laisse la trace de son passage après la traversée, chevauchant parfois d’anciennes peintures à moitié effacées. Grâce aux liens que les filles ont tissé avec les barmen, nous réalisons la notre sur un nouvel emplacement juste en face du bar. Elle ne tardera pas à être rejointe par des dizaines d’autres dès le lendemain.

Après quelques jours à Faial à gérer la logistique d’après transat, s’être promené sur l’île, avoir arpenté son bar, et aussi retrouvé Honoré rencontré à Tenerife et revu en Martinique, nous remontons à bord du bateau. Cap sur la plus grande île des Açores : São Miguel.

La brume et le froid nous accueillent à Ponta Delgada. Depuis notre arrivée aux Açores le froid apparaît à nouveau dans nos vies. Bonnets, doudounes, cirés, sont de mise dès que le soir approche. A São Miguel, le soleil est heureusement de la partie en journée, et nous en profitons pour sillonner l’île et ses sentiers de randonnée qui entourent les nombreux lacs : à côté du charmant Lago de Furnas, nous avons arpenté le magnifique jardin Terra Nostra, et nous sommes baignés dans ses grandes sources d’eau chaude. Le sauvage Lago do Fogo est apparu devant nous au détour d’un chemin de randonnée longeant forêts, montagnes et canaux d’irrigation. Enfin, depuis les miradors et le sentier des crêtes, nous avons observé Sete Cidades avec son immense et majestueux lac qui semble se dédoubler.

De São Miguel, je retiens
les pinsons peu farouches qui sautillent gaiement devant les pieds des passants
l’odeur des eucalyptus dans les forêts, aux abords des lacs
les tables de pique-nique désertées sur lesquelles la mousse s’amoncelle et les barbecues collectifs inutilisés
les routes droites ou sinueuses que peu de voitures empruntent

La beauté des paysages sur ces îles perdues au milieu de l’océan ne semble pas avoir encore attiré beaucoup de monde, à part quelques locaux, quelques touristes et des navigateurs passant par là.

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