ma courte nuit
se termine dans le ferry
à peine Marie Galante foulée
tu me donne rendez-vous
à la place du marché
c’est la deuxième fois
seulement que l’on se voit
je ne sais plus
exactement ton visage
mais les dreads
qui dansent sur tes hanches
me ramènent
aisément à toi
à ces yeux
plus noirs que l’obscurité
et remplis de bonté
la beauté de la plage
encadre nos discussions
ton mode de vie nomade
mes envies d’exploration
l’indécence de la société
nos recettes personnelles
pour ne plus s’y noyer
le soleil enjambe la Dominique
les Saintes avalent un dernier rayon
les nuages changent de couleur
la plage se vide
et petit à petit
mon âme se rempli
Une marche nocturne nous amène au campement. Tu partages la magie de l’endroit, au bord d’une plage aussi calme que ton aura. Nous déplions nos hamacs, regardons les constellations. La douceur de ce lieu se reflète dans tes yeux.
le jour prend la relève
pour le petit déjeuner
goyave et atoumo
fraîchement ramassés
côtoient un pudding de chia
une fois le campement rangé
on emballe nos affaires
dans de grands sacs poubelles
les cachons dans les branches
à côté du carbet
sur le chemin de la plage
tu reconnais
les plantes des sentiers
les habitants du quartier
à peine arrivés
c’est beach volley pour toi
planche à voile pour moi
je rencontre tes amis
quelques heures après
l’un d’eux place dans ma main
les clefs de sa voiture
depuis le bar lointain
c’est plus rapide en roulant
pour rentrer au campement
nous suivons ses indications
voiture sur le bas côté
clefs sur le contact
demain
il la récupérera
J’ouvre l’application de randonnée. Ensemble, nous parcourons l’île virtuellement. Je place sur la carte tes recommandations : en violet les bons spots à hamac, en orange les jolies plages à baignade. Je trace mon parcours, sous tes conseils bienveillants.
Trois journées s’écoulent ainsi doucement. Nos discussions courent du matin à la croisée de la nuit. Ton calme et ton apaisement se diffusent en moi lentement. Un soir je te prends dans mes bras, notre étreinte ne se le relâche pas.
Mais vient déjà le temps de se séparer. Devant notre carbet, sur le petit sentier côtier,
tu prends à droite
je tourne à gauche
vers de nouvelles aventures



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