une voiture au capot abîmé
déboule
devant le portail de mon workaway
j’imagine que c’est vous
les amis de mon ami
derrière vos yeux
rieurs
des sourires chaleureux
des gestes accueillants
les présentations faites
la discussion se déplie
entre nos trois palais
le temps du trajet
surgissent
les grandes lignes de nos vies
à peine arrivé·es
des slacklines
relient la jetée
à des cocotiers
elles frisent
la surface de l’eau
et ses courants chauds
des pieds bien assurés
côtoient
des chevilles vacillantes
des conseils avisés
côtoient
des compliments bienveillants
des encouragements fréquents
le jour coule sur nos peaux
la glacière crache des bières
d’un même élan
nos visages
rencontrent l’océan
en un instant
le soleil roule en boule
contre l’horizon
les dernières jambes
courent sur des fils
aussi fins que les lignes
tracées dans le ciel
par des étoiles malignes
la voiture au capot abîmé
redémarre
le temps d’une rêverie
le bar de plage surgit
autour de nous
quelque chose se joue
le cuivre des trompettes
souligne
le timbre d’une voix
le solo d’un saxo
répond
à la vigueur du batteur
un truc de jazz
jaillit
du fin fond de la nuit
les pieds s’enfoncent dans le sable
les paumes de mains se joignent
et les bouches entre elles conversent
des bulles de bières éclatent sur des lèvres
et les doigts roulent des joints
la voiture au capot abîmé
termine sa course
sur les routes désertées
la voiture au capot abîmé
grimpe les mornes
avale les bornes
la voiture au capot abîmé
déboule
devant le portail de mon workaway
La voiture au capot abîmé

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