Sainte Lucie, l’île aux arcs-en-ciel

Après moins de 24h de navigation durant laquelle des dizaines de poissons-volants s’échouent sur le bateau pendant la nuit, nous arrivons à Sainte Lucie. Nous jetons l’ancre dans un mouillage des plus idylliques au pied du petit piton, qui, malgré son nom, est incroyablement majestueux. Dans un décor de carte postale, l’anse donne sur le village coloré de la Soufrière, niché dans la nature :  entouré d’arbres, de palmiers, de monts et de verdure à perte de vue. Dans la rue, coqs et poules circulent librement. Chaque jour des arcs-en-ciel enjambent le ciel. La nuit, les étoiles l’illuminent, et un charme envoûtant encadre ce paysage paradisiaque. J’essaie de capturer dans mon esprit la douceur de ce lieu.

De nouveau, nos pieds se perdent au milieu des paysages de l’île. Entre les deux pitons nous découvrons des routes qui montent et qui descendent, de la végétation plus verte que verte, une nature d’une luxuriance incroyable.

Mais la vie n’est pas paisible pour toustes, et les inégalités visibles à la Soufrière se décuplent d’autant plus à Marigot Bay. Là, les prix grimpent autant que la route qui permet de quitter cet entre soi aux allures de Cote d’Azur avec ses voiliers de luxe, ses bar huppés, ses hôtels aux remparts bien gardés. Dans les hauteurs de la ville, on mène une vie différente de celle d’ici bas.

Le vent déjoue nos plans de rejoindre la Martinique pour Noël, alors nous continuons de remonter l’île vers le nord et jetons l’ancre à Rodney Bay. Nous passons le réveillon de Noël sur le bateau, face au coucher de soleil, avec un plateau de fromages, une bonne baguette de pain et une bouteille de vin rouge – la frenchie que je suis se sent comme à la maison!

Mais il commence à me tarder d’arriver en Martinique, de descendre du bateau, jouir de mon autonomie, organiser l’emploi du temps selon mes envies propres. Car nous ne jetons l’ancre qu’au mouillage, les frais de marina étant trop importants. Qui dit mouillage dit dinghy pour rejoindre la terre ferme, et il faut donc se concorder pour quitter le bateau et y revenir. Enfin, après un mois et demi passé ensemble dans ce vase clos, il me tarde d’élargir le cercle de mes rencontres, de converser avec des bouches étrangères, d’entendre d’autres voix me raconter leur monde, de me laisser surprendre par des visions différentes. Le vent enfin reprend et nous laisse nous diriger vers l’île suivante, que nous apercevons déjà depuis Sainte Lucie.

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