Après trois semaines de navigation coupé·es du monde, nous arrivons à la Barbade! Apercevoir depuis la mer la côte qui se dessine avec ses immeubles et ses constructions entrecoupés de nature, entendre le bruit d’un avion passant à côté de nous, discerner des bateaux, des voitures, des gens marchant dans la rue : la civilisation se rappelle à nous, instantanément.
Nous arrivons au coucher du soleil, alors la nuit nous laisse un peu de répit avant de nous fondre à nouveau dans la masse.

Le lendemain, mes premiers pas sur terre me donnent l’impression d’avoir trop bu. Je ne marche pas tout à fait droit, je me sens comme en petite gueule de bois. Le temps de remplir mon estomac, et tout va beaucoup mieux.
Nous découvrons une île à double visage : les plages de sable blanc et fin, l’eau turquoise et ses milliers de poissons, les ventes de fruits et de légumes, les foodtrucks un peu partout dans les rues, les maisons toutes plus colorées les unes que les autres côtoient naturellement les énormes bateaux de croisière qui transportent des touristes venus du monde entier, des dizaines de boutiques de duty free et leurs articles touristiques. La voiture ici fait loi, et elle roule du côté gauche de la route.

Le tourisme a aussi accaparé les ports qui sont tous privatisés pour les bateaux de croisière. Aucune marina n’est disponible pour ceux qui viennent de traverser l’Atlantique, alors même que la Barbade est la première île des Antilles sur laquelle accoster. Tout le monde s’installe au mouillage, en face d’une immense plage de sable blanc, ponctuée de bars de plage et de transats colorés.
Sans port, il est impossible – ou du moins complexe – de se ravitailler en eau et en diesel. Il n’y a pas non plus de douche à disposition, ni de laverie à proximité.
Mais c’est sans compter sur la gentillesse des habitants, car ici, non seulement tout le monde vous salue et vous parle, mais s’empresse également de vous aider dès que vous le demandez ou semblez le moins du monde perdu. Aussi, lorsque j’aborde deux personnes au port pour leur demander s’il est possible de nous y amarrer, elles m’invitent directement sur leur bateau, passent plusieurs coups de fil pour tenter de trouver une place pour moi, me transmettent des contacts utiles, me font noter le numéro de leur boss. Je serai en contact avec lui quelques jours plus tard. Sans même nous rencontrer, il nous permet d’utiliser gratuitement une place au départ de l’un des bateaux de croisières, de remplir nos réservoirs d’eau, d’utiliser les infrastructures et notamment de prendre une douche. Après un mois et demi sans ‘vraie’ douche, il est peu dire que je l’ai grandement et longuement appréciée.



Nous passons plusieurs jours à gérer l’administratif et la logistique : nous déclarer à la douane, apporter nos vêtements à la laverie, essayer – sans succès – d’acheter des cartes sim à un prix raisonnable, faire les courses, nettoyer le bateau, tout en arpentant la ville de Bridgetown, ses rues pleine de vie, ses cafés inexistants, ses supermarchés hors de prix. Nous trouvons un bar de plage entouré de food trucks proposant de la cuisine locale, qui deviendra notre point de ralliement. J’y retrouverai même Mesa, qui ayant trouvé un voilier après moi à Mindelo, est arrivée il y a déjà quelques jours à la Barbade! Un adieu succède à une retrouvaille car le soir même Kathrin, l’autre équipière, réserve un vol pour rejoindre le continent. En deux temps trois mouvements, nous nous retrouvons en tête à tête sur le bateau.

A deux, nous partons explorer l’île. Dans le bus qui nous amène jusqu’au nord, tout le monde se salue, nous salue, discute avec son voisin ou le chauffeur du bus. Nos jambes se déploient sur des routes escarpées encadrées de végétations luxuriantes. Des singes surgissent parfois devant nous. A chaque coin de rue des passants nous saluent, un joint entre les lèvres. Des hommes boivent des bières dehors, des garçons jouent dans la rue et les filles restent hors de notre vue.
Ici, Noël semble primordial. Deux semaines avant la fête, on ne compte plus le nombre de personnes se promenant dans la rue avec des serre-têtes à oreilles de cerf, ou des bonnets de père Noël. Les maisons rivalisent de décorations, en ville comme à la campagne. Des musiques de Noël résonnent dans les hauts parleurs, où que l’on se promène.


Nous quittons Bridgetown pour un mouillage plus au nord à Saint Charles où je profite de journées calmes pour passer des heures dans l’eau à admirer les poissons et une tortue me salue.

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