Le chœur des navires

l’encre de l’eau
se plisse
les nuages s’arrondissent
sous le passage délicat
d’un habitant sous-marin
la marina ondule
elle respire doucement
chaque voilier
se balance  
épouse
les contours de la danse
souvent
des chants sensationnels
surgissent
des tréfonds d’une cale
écourtent ma rêverie
couinements inattendus
crissements dans les tympans
ça craque brusquement
ça claque longuement
des voix graves et rouillées
s’enroulent dans les entrailles
arrachent des grognements
c’est un langage hors temps
la mélodie rauque
aux notes oubliées
des navires éreintés
un chœur qui s’installe
conversations ancestrales
qu’on ne peut décrypter
parfois le calme
revient
pour mieux reprendre
son souffle
les muscles inspirent
expirent
ils respirent
puis l’explosion soudaine
des coffres qui éclatent
les oreilles en sursautent
d’irrégulières complaintes
emportent le bruit de l’eau
et le clocher familier

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